Pulp Fashion Week | Nafissath ABDOULAYE prétendante à l’Award  »Jeune Créatrice 2017 »
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Nafissath ABDOULAYE prétendante à l’Award  »Jeune Créatrice 2017 »

20 juin 2017, Posté par Blanche dans Pulp Fashion Week
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NSQOL : LA MARQUE QUI VA VOUS FAIRE RÊVER CETTE ANNÉE A LA PULP !

Tous les ans, depuis 2015, la Pulp Fashion Week organise un concours  »Jeunes Créateurs » afin de stimuler les vocations et récompenser les marques qui se créent autour de la diversité. En 2017, nous ne dérogeons pas à cette récompense d’impulsion significative pour les jeunes designers en terme de visibilité et de reconnaissance. Nous vous invitons à découvrir la première créatrice sélectionnée pour concourir à l’Award  »Jeune Créatrice 2017 ».

NAFISSATH ABDOULAYE : L’ART AU SERVICE DE LA MODE

2Nafissath Abdoulaye est photographe/plasticienne de métier.  Après l’obtention de son bac, elle fait quelques années à la Fac de lettres et Psycho. L’année de ses 25 ans, Nafissath décide de changer d’orientation, elle intègre alors les Beaux Arts de Nantes et 5 ans plus tard en ressort avec un DNSEP (diplôme national supérieur d’expression plastique).

En plus d’être peintre , Nafissath travaille la photographie sur la question du corps et de sa représentation. Par le biais de l’appareil photo, elle  »désesthétise » la représentation classique du corps en l’explorant presque comme une archéologue.   »Désesthétiser » est un néologisme qu’elle a créé afin de traduire cette démarche de reconstruire de nouvelles normes aux corps, ce qui lui a permit de se libérer de l’hyper esthétisation standardisée du corps.  Son intérêt pour l’image corporellle vient du fait que parfois, elle même se sent emmurée dans le sien à cause de ses problèmes de santé. En effet, Nafissath se déplace en fauteuil électrique du fait de sa poliomyélite.

Toutefois, cette maladie est un moteur de combativité face à la détermination et au talent de cette jeune femme exceptionnelle ! C’est ainsi que progressivement, Nafissath passe de la photo grâce à laquelle elle déconstruit le corps , à la mode où elle le reconstruit en tant que produit final. Notre créatrice a une théorie toute simple :   »toute interaction que l’on a avec autrui à un instant T, est le résultat d’un état émotionnel, d’un sentiment, d’une quête, d’une conquête, etc. Il est évident que dans notre société actuelle, par le biais du vêtement, nous allons d’abord à l’encontre de nous même et ensuite à l’encontre des autres. Le vêtement , la mode , le corps qui est un champ de dialogue entre nous et les autres , c’est le produit final de tout ceci. »

1Il y a 6 ans, Nafissath prend la décision de créer sa propre marque NSQOL qui signifie  »Nafi Sait Qu’Owo L’habille ». Étymologiquement cette appellation vient de son prénom complet Nafissath et Owolabi-omanloto, d’origine Yoruba car sa mère est du nigéria. C’est le jeu de mot avec Owo-labi, transformé en owo l’habille, qui donne le nom de la marque. Cette identité mode bien définie, lui permet de faire la scission entre la photographe/plasticienne qu’elle est et la créatrice de mode qu’elle est devenue depuis.

Certes, Nafissath intègre l’art dans son travail en réalisant ses propres imprimés et en faisant elle-même ses photos, mais ce qu’elle raconte dans son art reste différent de ce qu’elle produit dans la mode.  C’est pour cette raison que c’est important pour elle de dissocier sa marque de vêtements de son travail en tant que photographe d’art.

Les grandes initiatives viennent souvent d’anecdotes marquantes, Nafissath nous révèle que la phrase « nafi sait qu’owo l’habille » fut prononcée chez elle un jour alors que sa petite sœur portait une de ses créations. Sa tenue fut aimée et lorsqu’on lui demanda qui en était la créatrice, elle désigna sa grande sœur. La personne à qui elle répondit se tourna vers elle et gloussa en disant : « ce n’est pas possible , ce n’est pas toi qui a fait ça ! ».

Cette simple phrase était tellement remplie de sous-entendus , irrespectueuse et condescendante que c’est devenu un leitmotiv pour Nafissath, pour montrer ce dont elle est réellement capable et surtout ce qu’elle peut apporter au monde de la mode.

Malheureusement et comme souvent, bon nombre de personnes dans leur jugement, la certitude de cette personne venait du fait que Nafissath étant ronde et en fauteuil électrique, il lui paraissait donc impensable qu’elle soit l’auteure de cette sublime tenue portée par sa sœur. Mais quelle aberration ! Il est fort compréhensible que cet épisode ait énormément blessé notre jeune designer, que cela l’ai piquée à vif au point qu’elle décide dans la foulée de créer NSQOL afin de se dissocier de son image corporelle, afin qu’on la prenne plus au sérieux et par dessus tout, que l’on apprécie son travail pour ce qu’il est.

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Les créations de Nafissath Abdoulaye, véritable passerelle entre l’Art et la Mode / Crédit Photo : Nafissath Abdoulaye

 

 

A ses débuts, Nafissath créait des vêtements uniquement pour sa sœur qui, est très mince et surtout très grande (1m88) et quelques amies . C’est heureux qu’elle pouvait elle-même s’habiller tendance grâce à ses collections car, impossible de trouver en magasin des vêtements assez variés pour ses goûts. De fil en aiguille, plusieurs créations ont commencé à plaire à des femmes de toutes tailles et toutes morphologies, c’est alors que Nafissath a eu la certitude qu’elle avait envie de sublimer le corps de la femme et de permettre à chacune d’elle d’aller à la rencontre d’elle même pour être capable d’affirmer une personnalité forte et déterminée.

Lorsque nous lui demandons quel est son regard sur la mode, Nafissath nous répond :  »La mode pour moi c’est une manière d’aller à l’encontre de son soi, de son inconscient. C’est donner corps à nos émotions silencieuses et invisibles.  Avoir des formes ou ne pas en avoir n’est pas important pour moi parce-que l’essentiel est de savoir qui on est et que veut-on raconter de soi.  Au moment où j’ai commencé à lancer NSQOL, j’ai fait la connaissance de Jordane qui depuis est devenue l’une des égéries de ma marque.  Étant une femme ronde, Jordane était très complexée et ne savait pas comment mettre son corps en valeur. Elle ne s’autorisait rien vestimentairement.  Je lui ai alors tout simplement dit que le poids en trop (ou pas) c’est ce qu’on a et pas ce qu’on est. J’ai beaucoup appris en travaillant avec elle en la relookant et en lui recommandons vivement de devenir une de mes égéries. Voir le changement d’attitude d’une personne qui appréhende plus positivement son corps est à la fois fascinant et déroutant en même temps car j’ai réalisé à quel point se mésestimer nuit gravement à la construction d’une identité.  Les femmes ont un rapport si complexe à leurs corps qu’il est toujours nécessaire de spécifier sans cesse que les formes en trop ou pas c’est ce qu’on a , pas ce qu’on est car on a souvent tendance à réduire son identité à la perception qu’on a de nous et qu’on se fait de nous même.  Avec Nsqol ma démarche a toujours été de construire des vêtements au services du corps et pas le contraire , ce qui semble être une étrange logique des enseignes.  Si on porte des vêtements qui sont là pour être à votre service, vous sublimer, il devient plus simple de dire qui on est au lieu de se focaliser sur ce qu’on perçoit comme une entrave sur notre corps.  Avec Nsqol c’est tout ça que j’essaie de faire. Permettre aux gens de se raconter et d’apprendre à se faire aimer pour ce qu’ils sont et ont et pas pour ce qu’on voudrait qu’ils soient.  La mode c’est à mon sens donner corps à nos émotions invisibles par le biais du vêtement qui incarne ce rôle narratif de notre état d’être. J’aime créer des vêtements qui permettent aux gens qui les portent d’offrir la possibilité aux gens avec qui ils sont en interaction de saisir immédiatement qui ils sont. »

En plus d’être divinement intelligente, Nafissath a une sensibilité à fleur de peau qui lui permet, en tant qu’artiste, d’être à l’écoute de son environnement. Le résultat ? Des oeuvres sublimes, alliant l’art et la mode en toute subtilité et cela pour notre plus grand bonheur ! Blanche KAZI, la Directrice de la Pulp a vite fait de la repérer et espère la révéler à la France entière prochainement. Voici une concurrente redoutable !

Venez admirer ses toutes dernières créations lors de la 5ème édition de la Pulp Fashion Week Paris, le Salon de la Mode Cosmopolitaine, du 30 septembre au 1er octobre 2017.

En attendant, vous pouvez découvrir son travail sur son blog : https://uninstantdeuxmoi.com

PULP FASHION WEEK PARIS – 5ème EDITION DU 30 SEPTEMBRE AU 1er OCTOBRE 2017 – PARIS FASHION WEEK SS18

 

Rosyane De May – Rédactrice Mode, Beauté & Lifestyle

 

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